Les mémoires de la Confiserie de la Colombe
Exploration documentée et joyeuse d'une mémoire familiale et artisanale

En 2015, après le décès de ma belle mère, il a fallu vider la maison familiale, ancienne confiserie de La Colombe à Nîmes. On y a trouvé un ensemble d’objets qui n’avaient pas été vendus lors de la cessation d’activité de la confiserie : des moules à bonbons, thermomètres, pelle à bondons... autant de trésors silencieux, empreints du savoir-faire d’autrefois, devenus énigmatiques pour qui ne connaît pas le langage du sucre.
Dix ans plus tard, en 2025, lorsque ces moules ont ressurgi dans notre maison, le désir est né de les dessiner, de les regarder autrement. J’ai voulu explorer leur potentiel plastique, raviver la mémoire enfouie qu’ils portaient en eux.
Dessins, empreintes, gravures, moulages… chaque geste devient une tentative plastique de recréer les bonbons d’alors, d’en restituer la présence, et peut-être, de délier à nouveau la langue et le souvenir des enfants de la confiserie.
Photos d'expositions : Artistes à suivre à Rivel (11), mai 2026, L'art caché à Albas (11), juillet 2026, Festival des arts en balade à Parisot (82) en juillet 2026 et Les vendanges de l'art à Leucate (11), septembre 2026
L’odeur du sucre envahissait toute la maison, et même tout le quartier. Ça faisait concurrence à l’odeur de l’usine d’engrais du bout de la rue
Je ne me souviens pas vraiment comment on utilisait ces moules. Ils fonctionnaient par deux avec leur engrenage sur une machine et on passait la pâte entre les deux. Donc tous les bonbons issus du même moule avaient une seule couleur par passage, c’était soit rouge, soit vert, soit jaune, goût framboise, goût citron, goût banane, je ne me souviens plus trop... c’était un goût fruité en tout cas.
Ce moule à pipes, je crois que je ne l’ai jamais vu fonctionner. Ça m’étonnerait que ça se fasse à la main, il devait y avoir une presse, j’en ai un vague souvenir. Les pipes, c’est un bonbon d’avant guerre...
La température du sucre, c’est 140° ! Quand mon père battait les 15 kg de pâte de berlingot forain au crochet, il le faisait à pleines mains. Elles étaient toutes cornées à force de toucher le sucre chaud.
Alors que Bernard, l’employé de la confiserie, travaillait la pâte sur la plaque bien chaude, il enlevait au fur et à mesure les guêpes piégées dans le sucre, et les posait sur le bord de la table. Le facteur passant par là, bavardant comme à son habitude, a saisi ces bonbons un peu particuliers pour les engloutir sans que Bernard, ébahi, ait pu prononcer un seul mot pour l’alerter.



































