Les mémoires de la Confiserie de la Colombe

Emmanuelle Jamme • 27 septembre 2026

Exploration documentée et joyeuse d'une mémoire familiale et artisanale

En 2015, après le décès de ma belle mère, il a fallu vider la maison familiale, ancienne confiserie de La Colombe à Nîmes. On y a trouvé un ensemble d’objets qui n’avaient pas été vendus lors de la cessation d’activité de la confiserie : des moules à bonbons, thermomètres, pelle à bondons... autant de trésors silencieux, empreints du savoir-faire d’autrefois, devenus énigmatiques pour qui ne connaît pas le langage du sucre.

Dix ans plus tard, en 2025, lorsque ces moules ont ressurgi dans notre maison, le désir est né de les dessiner, de les regarder autrement. J’ai voulu explorer leur potentiel plastique, raviver la mémoire enfouie qu’ils portaient en eux.

Dessins, empreintes, gravures, moulages… chaque geste devient une tentative plastique de recréer les bonbons d’alors, d’en restituer la présence, et peut-être, de délier à nouveau la langue et le souvenir des enfants de la confiserie.


Photos d'expositions : Artistes à suivre à Rivel (11), mai 2026, L'art caché à Albas (11), juillet 2026, Festival des arts en balade à Parisot (82) en juillet 2026 et Les vendanges de l'art à Leucate (11), septembre 2026


L’odeur du sucre envahissait toute la maison, et même tout le quartier. Ça faisait concurrence à l’odeur de l’usine d’engrais du bout de la rue

Je ne me souviens pas vraiment comment on utilisait ces moules. Ils fonctionnaient par deux avec leur engrenage sur une machine et on passait la pâte entre les deux. Donc tous les bonbons issus du même moule avaient une seule couleur par passage, c’était soit rouge, soit vert, soit jaune, goût framboise, goût citron, goût banane, je ne me souviens plus trop... c’était un goût fruité en tout cas.

Ce moule à pipes, je crois que je ne l’ai jamais vu fonctionner. Ça m’étonnerait que ça se fasse à la main, il devait y avoir une presse, j’en ai un vague souvenir. Les pipes, c’est un bonbon d’avant guerre...

La température du sucre, c’est 140° ! Quand mon père battait les 15 kg de pâte de berlingot forain au crochet, il le faisait à pleines mains. Elles étaient toutes cornées à force de toucher le sucre chaud.

Alors que Bernard, l’employé de la confiserie, travaillait la pâte sur la plaque bien chaude, il enlevait au fur et à mesure les guêpes piégées dans le sucre, et les posait sur le bord de la table. Le facteur passant par là, bavardant comme à son habitude, a saisi ces bonbons un peu particuliers pour les engloutir sans que Bernard, ébahi, ait pu prononcer un seul mot pour l’alerter.

par Emmanuelle Jamme • 30 octobre 2025
Résidence artistique inédite à L’Etrier des Cabanelles , à Valflaunès (34) une écurie éthologique au nord de Montpellier, bien connue des cavaliers et cavalières attentifs au bien-être de leurs chevaux. Tout au long de sept journées, cinq artistes* ont observé, dessiné une vingtaine de chevaux. Anatomie, biomécanique, comportement et interactions et relationnel à l’humain ont été explorés, sous l’égide des équithérapeutes Bertrand Dekoninck et Anne Guillaumont, également co-fondatrice du lieu. Les artistes ont suivis les chevaux et leurs gardiens sur les sentiers, se sont installés dans les paddocks au plus près de leurs modèles. Dans le manège ils ont suivi des séances de soins donnés aux chevaux (fasciathérapie, aromathérapie, vibrations sonores...). En ont résulté des émerveillements réciproques et des centaines de dessins et peintures petits et grands formats. Si les artistes ont découvert la beauté, la puissance, la grande sensibilité et le pouvoir empathique des chevaux, ces derniers ont instauré spontanément un relationnel très spécial. Et les équithérapeutes ont été subjugués par la capacité des artistes à transcrire les émotions subtiles des chevaux, leur relation fusionnelle à la nature, à rendre visible jusqu’aux processus de guérison. L’aboutissement de la résidence est une restitution de ces travaux et belles rencontres, les 10, 11 et 12 octobre, dans le cadre des Journées des ateliers d'artistes d'Occitanie 2025. Tout naturellement, manèges et boxes ont accueilli les créations : dessins, peintures, film, photos. Et afin de partager cette expérience hors normes, des séances de soins aux chevaux, ateliers de dessin, voyage sonore et conférence dédiée au cheval dans l’art occidental ont été proposés aux visiteurs. *Emmanuelle Jamme, Clotilde Maillard, Yves Marcerou, Corine Pagny et Denise Sabourin, du Collectif Dessiner le vivant. « Collectif d'artistes autour d’une vision artistique similaire du dessin avec modèle vivant : chercher à travers le corps une source d’inspirations, de réflexions et d’interrogations, comme le matériau de notre imaginaire et l’objet de notre créativité. »
par Emmanuelle Jamme • 13 avril 2025
Du 23 au 27 avril 2025 à Paulhan dans l'Hérault
par Emmanuelle Jamme • 5 novembre 2023
Ma visite guidée exposée pour le R-CAS 2023 au Centre d'art contemporain "à cent mètres du centre du monde"
par Emmanuelle Jamme • 10 juin 2023
Caresser le vivant (exposition dans le cadre de Peyri'art 2023)
par Emmanuelle Jamme • 9 mars 2023
Résidence d'artiste à la Maison d'Emma à Saint Mathieu de Tréviers, du 15 janvier au 26 février
par Emmanuelle Jamme • 8 novembre 2022
Exposition à la Chapelle des Pénitents à Caux (Hérault)
par Emmanuelle Jamme • 14 juillet 2022
Séance de dessin à l'étrier des Cabanelles de Valflaunès lundi 11 juillet
par Emmanuelle Jamme • 23 mai 2022
"Visite guidée", ma série d'eaux fortes à l'aquatinte et de dessins pour Artistes à suivre 2022
par Emmanuelle Jamme • 2 mai 2022
Exposition collective de dessins et gravures à Carla Bayle en Ariège
par Emmanuelle Jamme • 6 avril 2022
Une exposition du collectif "dessiner le vivant" à Clermont l'Hérault